COMMENTAIRE: ALPINE RAPPELLE BRIATORE, L’AUTO-DESTRUCTION CONTINUE

Rien ne va plus au sein de l’écurie française. Pour curer le mal, elle vient d’annoncer le retour de l’Italien à sa tête, lui qui avait pourtant été autrefois exclu à vie de la Formule 1. Ça va twister.

La descente aux enfers de l’écurie Alpine continue. En mars, c’est le drame du licenciement des concepteurs de la monoplace 2024 - une voiture trop lourde et inefficace.

Il y a quinze jours, c’est le licenciement d’Esteban Ocon, l’un des deux pilotes. Et ce matin, l’écurie annonce que Luca de Meo, le directeur général du groupe Renault, a nommé Flavio Briatore en tant que «directeur conseiller» de sa division «Formule 1». En clair, cela signifie que l’Italien de 74 ans se retrouve dès aujourd’hui grand patron de l’écurie Alpine.

Drôle de décision. Et drôle de personnage. Après avoir monté les boutiques Benetton aux Etats-Unis, dans les années 80, Flavio Briatore a dirigé l’écurie du même nom dans les années 90, au temps des deux premiers titres de Michael Schumacher.

Deux titres avec Alonso

Affairiste acharné, il a créé de nombreuses sociétés, a quitté la Formule 1 avant d’y revenir au début des années 2000, pour diriger à nouveau l’écurie Benetton que Renault venait de racheter.

Etant aussi manager de Fernando Alonso, Flavio Briatore a placé son poulain au volant d’une de ses voitures, et ce furent deux nouveaux titres mondiaux, en 2005 et 2006.

Il avait mangé son pain blanc. Le génial Alonso étant parti, puis revenu, les résultats n’étaient plus là. En 2008, une victoire est devenue vitale pour satisfaire Carlos Ghosn, alors PDG de Renault.

Un énorme scandale

Sans aucune morale, Flavio Briatore machine alors le «crashgate» lors du Grand Prix de Singapour 2008: il demande à son pilote Nelsinho Piquet de sortir de route à un moment bien choisi pour permettre à Fernando Alonso - qui avait ravitaillé juste avant - de gagner la course.

Sauf qu’un an plus tard, Nelsinho Piquet mange le morceau. Le scandale est énorme, et Flavio Briatore se voit exclu à vie de la Formule 1 par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA). Une décision pourtant cassée quelques mois plus tard par le tribunal de grande instance de Paris, qui juge qu’on ne peut empêcher un homme, fût-il coupable, de travailler à vie dans son domaine.

N’empêche. On n’a plus revu Flavio Briatore dans un paddock pendant plus de dix ans. Très ami avec Stefano Domenicali (l’actuel patron de Liberty Media, la société qui détient les droits commerciaux de la F1), Flavio Briatore a dernièrement refait quelques rares apparitions dans les motorhomes.

Panique à bord

Mais personne n’aurait imaginé qu’il reviendrait un jour diriger une équipe. Très ami avec Luca de Meo, Flavio Briatore semble avoir réussi à convaincre ce dernier qu’il faut intervenir pour remettre l’écurie Alpine sur les bons rails.

Mais avant son retour, l’Italien semble avoir obtenu la liberté d’agir comme bon lui semble, et en particulier de licencier tous ceux qu’il juge opportun de dégager. On imagine la panique à bord de l’écurie, ce matin. Plus personne ne s’y sent en sécurité, ingénieurs comme dirigeants.

Pour autant, le pire semble à venir: depuis quelques temps, la rumeur veut que Luca de Meo ait contacté tous les motoristes de la Formule 1, de Red Bull à Mercedes en passant par Ferrari. Il semble penser que ses motoristes, basés à Viry-Châtillon, en banlieue parisienne, ne sont pas capables de produire un moteur compétitif pour l’après-2026, lorsque le nouveau règlement portera encore plus l’accent sur l’hybridation électrique des moteurs de Formule 1. Du coup, Luca de Meo cherche un autre moteur pour propulser ses voitures. Un peu comme si le patron de Rolex allait chercher les mouvements de ses montres chez Cartier…

La chute se poursuit

A Viry, au sein de l’usine Renault Sport, ces rumeurs ont évidemment fait l’effet d’un coup de pied dans la termitière: en panique, tout le monde cherche désormais à se recaser au plus vite dans une autre société.

Les résultats de l’équipe, cette saison, ne sont pas fabuleux, avec 5 petits points marqués (contre 301 à Red Bull et 252 à Ferrari) et une huitième place au classement.

Avec la série de nouvelles de ces derniers temps, du licenciement d’Esteban Ocon à l’arrivée de Briatore en passant par la recherche d’un autre moteur, les résultats ne vont pas s’arranger. De l’extérieur, toute cette histoire ressemble à une sorte d’auto-destruction, qui ferait presque rire si ça n’était pas aussi triste pour une écurie qui a plus de 40 ans de F1.

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